Norris s’impose à Zandvoort au terme d’un Grand Prix complètement fouCrédit image : Formula1.com
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Norris s’impose à Zandvoort au terme d’un Grand Prix complètement fou

Un accident spectaculaire de Verstappen, un drapeau rouge, des stratégies qui partent dans tous les sens et une bataille acharnée jusqu’aux derniers tours… Le Grand Prix des Pays-Bas 2026 a offert un scénario difficile à prévoir. Au milieu de ce chaos, Lando Norris a su garder son sang-froid pour aller chercher une deuxième victoire consécutive. Mais derrière lui, Mercedes et Ferrari se sont livrées une vraie bataille pour le podium. Retour sur une course où rien ne s’est passé comme prévu.

Difficile d’imaginer une dernière course à Zandvoort plus mouvementée. Lando Norris a remporté le Grand Prix des Pays-Bas 2026 après une épreuve pleine de rebondissements, marquée notamment par l’abandon de Max Verstappen dès les premiers tours. Entre les changements de stratégie, les dépassements et une fin de course particulièrement tendue, le Britannique a dû s’employer jusqu’au bout pour aller chercher cette victoire.

Parti en pole, Norris avait pourtant été rapidement dépossédé de la première place. Kimi Antonelli a parfaitement négocié le redémarrage après le drapeau rouge et pris les commandes, obligeant le pilote McLaren à patienter avant de reprendre son bien. Norris a finalement trouvé l’ouverture dans le dernier tiers de l’épreuve et n’a plus lâché la tête.

Derrière lui, Mercedes a longtemps semblé en mesure de signer un doublé. Antonelli a terminé deuxième à 11,536 secondes, tandis que George Russell a sauvé la troisième place après une résistance acharnée face aux Ferrari de Lewis Hamilton et Charles Leclerc. Hamilton a finalement pris la quatrième position, juste devant Leclerc. Oscar Piastri a complété le top 6.

Mais le moment le plus marquant du début de course est évidemment venu de Verstappen. Le héros local, parti parmi les favoris, n’aura même pas eu le temps de réellement entrer dans son Grand Prix. Au deuxième tour, sa Red Bull a perdu l’arrière dans la ligne droite principale après que le Néerlandais a mordu la ligne blanche. La voiture a violemment percuté le mur et les débris ont rapidement envahi la piste.

Le drapeau rouge a été immédiatement brandi. Verstappen, heureusement indemne, a pu sortir de sa monoplace. Une image qui a forcément refroidi l’ambiance dans les tribunes de Zandvoort.

Un départ compliqué par la pluie

Les conditions avaient déjà rendu la préparation du départ assez délicate. De fortes averses avaient détrempé le circuit après les essais du samedi disputés sur le sec. La piste restait humide par endroits et les choix de pneus étaient loin d’être évidents.

La majorité du peloton s’était orientée vers les tendres, avec l’idée de tenir sur une stratégie à un arrêt. Les quatre premiers, dont Norris, Antonelli et Russell, avaient cependant choisi les médiums. Verstappen figurait parmi les pilotes équipés de pneus pluie, alors que la piste commençait progressivement à sécher.

Après un premier tour bouclé derrière la voiture de sécurité, Norris a conservé la tête au départ. Antonelli a pris l’avantage sur Russell pour la deuxième place, tandis que Charles Leclerc dépassait Piastri. Tout semblait alors se mettre en place pour une bataille classique entre McLaren, Mercedes et Ferrari.

Un tour plus tard, tout était déjà bouleversé.

Antonelli prend le pouvoir, Norris patiente

Lors de la reprise, Antonelli a de nouveau été impeccable. L’Italien a pris un meilleur envol que Norris et s’est installé en tête. Piastri a également profité du redémarrage pour dépasser Russell, avant de se retrouver rapidement sous la menace des Ferrari.

Antonelli a progressivement construit une petite marge, suffisante pour empêcher Norris d’utiliser son mode de dépassement. McLaren devait donc attendre. Au 16e tour, Norris prévenait d’ailleurs son équipe que ses pneus étaient déjà quasiment à bout.

Les arrêts aux stands ont ensuite redistribué les cartes. Russell, Piastri puis Antonelli ont chaussé les pneus durs, avec des fortunes diverses. Certains arrêts ont coûté de précieuses secondes. Ferrari n’a pas été épargnée non plus : Hamilton s’est retrouvé coincé derrière Leclerc et a dû patienter avant que son coéquipier ne rentre enfin aux stands.

La tension entre les deux Ferrari est devenue particulièrement visible lorsque Hamilton a lancé, après l’arrêt tardif de Leclerc : « Quel gâchis de temps, les gars ! »

Pendant ce temps, Norris revenait progressivement sur Antonelli.

Norris finit par prendre le dessus

Au 40e tour, l’écart entre les deux hommes n’était plus que de sept dixièmes. Antonelli s’est alors arrêté, bientôt suivi par Russell. Norris a repris la tête et semblait disposer d’un avantage confortable, mais une nouvelle séquence stratégique allait encore tout changer.

Au 48e tour, le Britannique est repassé par les stands et a ressorti troisième, à un peu plus de cinq secondes d’Antonelli. Il n’a cependant pas tardé à revenir sur la Mercedes.

Puis, au 52e tour, la bataille a réellement commencé.

Antonelli rencontrait des difficultés avec ses pneus arrière. Norris s’est rapproché suffisamment pour attaquer et a finalement pris la tête au premier virage. Hamilton, qui avait momentanément hérité de la première position, a lui aussi dû céder face à la McLaren.

Le Britannique semblait alors parti pour contrôler la fin de course. C’était sans compter sur une dernière intervention de la course.

Le pari de Mercedes qui fait basculer le podium

Au 55e tour, Esteban Ocon a immobilisé sa Haas, provoquant l’apparition de la voiture de sécurité virtuelle. Plusieurs pilotes ont immédiatement plongé dans la voie des stands, dont Antonelli. L’Italien a chaussé des pneus tendres et est ressorti derrière son équipier Russell.

Norris, lui, est resté en piste.

« Tu crois qu’on devrait y aller ? Je commence à m’inquiéter », a demandé le pilote McLaren à son équipe. La fenêtre était toutefois presque déjà refermée. Lorsque la course a repris au 58e tour, Norris disposait de 6,8 secondes d’avance sur Russell, lui-même suivi à environ 5,6 secondes par Antonelli.

À dix tours de l’arrivée, la victoire semblait désormais promise à Norris. Derrière lui, en revanche, tout restait ouvert.

Mercedes a finalement demandé à Russell de laisser passer Antonelli au 65e tour. Le Britannique n’a pas caché son agacement, laissant entendre que l’équipe avait peut-être laissé échapper un doublé. Hamilton se rapprochait également dangereusement, tandis que Leclerc restait dans le coup.

Russell a tenu bon.

Les deux Ferrari ont tenté jusqu’au bout de lui arracher la dernière marche du podium, mais le pilote Mercedes a résisté. Hamilton a terminé à moins d’une seconde de lui, Leclerc à seulement quelques dixièmes de son équipier.

Devant, Norris n’a plus été inquiété. Il a franchi la ligne avec 11,536 secondes d’avance sur Antonelli et signé sa deuxième victoire consécutive.

Lawson solide, Hülkenberg encore dans les points

Derrière les cinq premiers, Oscar Piastri a dû se contenter de la sixième place après plusieurs arrêts difficiles. Liam Lawson a réalisé une belle performance pour Red Bull, terminant septième malgré une pénalité de dix secondes pour non-respect d’un drapeau jaune.

Nico Hülkenberg a confirmé sa bonne dynamique avec une huitième place pour Audi, après avoir déjà inscrit ses premiers points de la saison en Hongrie. Fernando Alonso a pris la neuvième position pour Aston Martin et Pierre Gasly a offert le dernier point à Alpine en terminant dixième.

Tsunoda, Lindblad, Bortoleto, Colapinto, Perez et Sainz ont franchi l’arrivée sans entrer dans les points. Plusieurs pilotes n’ont, eux, pas vu le drapeau à damier : Albon, Bottas, Ocon, Stroll, Bearman et, surtout, Verstappen.

Pour Norris, cette victoire a une saveur particulière. Déjà vainqueur à Zandvoort en 2024, il repart cette fois avec un deuxième succès consécutif et une course qui pourrait bien rester comme l’une des plus disputées de sa saison.

« Incroyable ! Une course difficile », a déclaré Norris après l’arrivée. « Il a fallu se battre jusqu’au bout, mais le rythme était soutenu. Nous avons géré la situation de façon incroyable aujourd’hui. »

Le Britannique pouvait difficilement rêver meilleure manière de refermer le chapitre Zandvoort. La Formule 1 prend maintenant une semaine de pause avant de retrouver l’Italie, du 4 au 6 septembre, pour le Grand Prix de Monza.