Kimi Antonelli a encore frappé. Dimanche, le pilote Mercedes a remporté le Grand Prix d’Espagne 2026, au terme d’une course où il aura fallu jongler avec les pneus, les arrêts aux stands et une bonne dose de patience. Max Verstappen termine deuxième, Lando Norris troisième.
Et au championnat, l’affaire commence à devenir sérieuse. Avec cette huitième victoire de la saison, Antonelli compte désormais 81 points d’avance.
Pour une première course sur le Madring, le nouveau circuit madrilène n’a pas déçu. Dès le départ, Norris, parti en pole, a dû défendre sa position face à Antonelli. L’Italien a tenté de passer, mais s’est montré un peu trop enthousiaste. Deux fois, il a dû couper la piste. Verstappen en a profité pour récupérer provisoirement la deuxième place.
Le Néerlandais a ensuite dû la rendre à Lewis Hamilton après leur accrochage du premier tour. Mais Hamilton n’a pas eu le temps de profiter longtemps de cette position. Quelques tours plus tard, sa Ferrari a été victime d’un problème de freins et le Britannique a dû abandonner.
Devant, Norris avait alors une vraie occasion à saisir. McLaren fonctionnait bien et le Britannique avait réussi à prendre près de cinq secondes à Antonelli. Les pneus médiums de la Mercedes n’étaient visiblement pas aussi à l’aise que prévu. Pour Norris et son équipe, la victoire semblait alors largement à portée de main.
Puis Stroll a arrêté son Aston Martin au 20e virage.
La voiture de sécurité virtuelle est apparue et, immédiatement, Mercedes et Red Bull ont fait rentrer leurs pilotes. McLaren, elle, n’a pas eu le temps de réagir. Norris est resté en piste.
Ce n’était pas forcément dramatique à ce moment-là. Ça l’est devenu quelques tours plus tard.
Quand Norris s’est finalement arrêté, son équipe a perdu près de sept secondes sur son changement de pneus. Une éternité à ce niveau-là. Le Britannique est ressorti derrière Antonelli, Verstappen, George Russell et Charles Leclerc. Une course qui semblait jusque-là lui sourire venait de prendre une tout autre tournure.
Ferrari avait choisi une stratégie différente avec Leclerc. L’équipe a décidé de laisser le Monégasque en piste sous voiture de sécurité virtuelle, en espérant qu’une nouvelle neutralisation lui offrirait une nouvelle fenêtre pour s’arrêter. Le pari a fonctionné pendant un temps. Leclerc a même pris la tête de la course.
Mais ses pneus commençaient forcément à souffrir.
Antonelli, lui, n’était pas complètement tranquille non plus. À plusieurs reprises, il s’est plaint à la radio du comportement de sa direction, expliquant que son volant lui semblait « bizarre ». Mercedes n’a toutefois détecté aucun problème évident dans les données. Le message de l’équipe a donc été assez simple : rester prudent, notamment avec les limites de la piste.
Une pénalité aurait pu transformer une victoire confortable en fin de course beaucoup plus compliquée.
Derrière, Norris n’avait pas abandonné. Il a d’abord perdu du temps derrière Russell, avant que celui-ci ne repasse par les stands. Une fois libéré, le pilote McLaren a pu revenir sur Verstappen. L’écart diminuait tour après tour et la deuxième place semblait soudain beaucoup moins assurée pour le pilote Red Bull.
Il fallait juste que Norris ait encore quelques tours devant lui.
À la fin du 48e tour, Leclerc est finalement rentré aux stands. Antonelli a alors accéléré et la course s’est clarifiée : Verstappen et Norris allaient se battre pour les deux dernières marches du podium.
Verstappen a donné une petite ouverture au virage 5. Norris s’est engouffré dans l’espace et s’est porté à hauteur de la Red Bull. Il y a eu un bref moment où la deuxième place semblait pouvoir changer de mains.
Mais Verstappen a tenu.
Antonelli, lui, était déjà loin devant. Il a franchi la ligne avec 4,351 secondes d’avance sur Verstappen. Norris termine à seulement cinq secondes du vainqueur et peut forcément nourrir quelques regrets après cette histoire d’arrêt aux stands.
Leclerc prend la quatrième place grâce à sa stratégie décalée, devant Russell. Liam Lawson termine sixième pour Red Bull, une nouvelle fois solide pour sa troisième course en remplacement d’Isack Hadjar. Colapinto offre une septième place à Alpine, tandis que Piastri, Lindblad et Hülkenberg complètent le top 10.
Pour les pilotes espagnols, en revanche, la fête a rapidement tourné court.
Fernando Alonso termine 17e après avoir notamment été impliqué dans un incident avec Carlos Sainz. Les commissaires ont estimé que Sainz avait poussé son compatriote contre le mur et lui ont infligé cinq secondes de pénalité. Sainz n’a de toute façon pas terminé la course.
Quatre abandons ont finalement été enregistrés. Hamilton et Stroll ont connu des problèmes de freins, tandis que Sainz et Sergio Perez ont également été contraints de rentrer définitivement au garage.
Et pendant ce temps, Antonelli continue d’empiler les victoires.
Huit depuis le début de la saison. 81 points d’avance au championnat. À ce rythme, le pilote Mercedes commence à prendre une drôle d’allure au classement. Celle du gars qu’on regarde dans le rétroviseur, sans vraiment réussir à le rattraper.
L’intéressé, lui, préférait retenir les difficultés de la journée plutôt que de fanfaronner.
« C'était une course très difficile, pas du tout simple, surtout pour la gestion des pneus », a expliqué Antonelli après l’arrivée. Il reconnaissait même que Norris avait probablement davantage mérité la victoire au vu du rythme affiché en début de course.
Ça ne l’empêchera évidemment pas de savourer.
« On va continuer à attaquer », a-t-il ajouté.
La suite arrivera vite. Après une courte pause, la Formule 1 entamera son premier triple rendez-vous de la saison avec le Grand Prix d’Azerbaïdjan, du 24 au 26 septembre à Bakou.
Antonelli arrivera avec 81 points d’avance et une confiance forcément énorme. Norris et Verstappen, eux, devront trouver une réponse. Parce qu’à force de gagner, l’Italien est en train de rendre le championnat de plus en plus compliqué pour tout le monde.




