Charles Leclerc n’a pas attendu bien longtemps pour rappeler aux tifosi pourquoi le Grand Prix d’Italie occupe une place si particulière dans le calendrier. Le Monégasque a signé le meilleur temps de la première séance d’essais libres à Monza, offrant à Ferrari un doublé à domicile avec Lewis Hamilton deuxième. George Russell, troisième, a été le seul pilote à venir se mêler au duo de la Scuderia.
Et le plus intéressant dans cette performance de Leclerc, c’est la manière dont elle a été obtenue. Alors que plusieurs concurrents chaussaient les pneus tendres pour aller chercher un chrono, le pilote Ferrari a réalisé son 1 min 23 s 008 avec les médiums. Personne n’a ensuite réussi à faire mieux.
La matinée avait pourtant commencé dans une certaine confusion. La séance, disputée sous un soleil particulièrement intense, a notamment été marquée par la présence de plusieurs pilotes remplaçants. Ayumu Iwasa occupait le baquet de Max Verstappen chez Red Bull, Luke Browning remplaçait Alex Albon chez Williams et Paul Aron retrouvait l’Alpine de Pierre Gasly. Chez Cadillac, Colton Herta prenait quant à lui la place de Sergio Perez.
Liam Lawson poursuivait de son côté son intérim chez Red Bull, en remplacement d’Isack Hadjar, toujours absent sur blessure. Yuki Tsunoda retrouvait donc également le volant habituellement attribué à Lawson chez Racing Bulls.
Avec une piste rapidement chargée, les premiers tours n’ont pas été de tout repos. Les pilotes débutants ont notamment eu quelques difficultés à trouver leur place dans le trafic. Iwasa s’est plaint à la radio de la présence d’Aron devant lui, tandis que Tsunoda a lui aussi fini par s’agacer du pilote Alpine quelques minutes plus tard.
Sur la piste, Russell avait été le premier à frapper fort. Après le premier quart d’heure, le Britannique occupait la tête avec un chrono de 1 min 23 s 802, près de quatre dixièmes devant Lando Norris.
Puis Herta a provoqué la première alerte de la séance. Sa Cadillac s’est immobilisée en piste, vraisemblablement en raison d’un problème hydraulique. L’équipe lui avait demandé de stopper la voiture, avant qu’une voiture de sécurité virtuelle puis un drapeau rouge ne viennent interrompre les essais. La Cadillac MAC-26 n’aura finalement parcouru que cinq tours.
À la reprise, Norris s’était installé en tête en 1 min 23 s 719. Les Mercedes avaient alors déjà commencé à sortir les pneus tendres, avec Russell et Kimi Antonelli parmi les premiers à tenter un relais plus rapide.
Russell reprit brièvement la première place. Mais Leclerc n’a pas tardé à lui répondre. Avec les médiums, donc avec un composé théoriquement moins performant sur un tour lancé, il a claqué le meilleur chrono de la séance : 1 min 23 s 008.
Le message était assez clair.
Hamilton a ensuite réussi à remonter à la deuxième place, à seulement 173 millièmes de son équipier. Russell a terminé à 304 millièmes, tandis que Lawson a créé une petite surprise en plaçant sa Red Bull au quatrième rang, devant Antonelli et Norris.
Leclerc, lui, n’a plus été inquiété.
Derrière les six premiers, Arvid Lindblad a pris la septième place pour Racing Bulls, devant Gabriel Bortoleto, Franco Colapinto et Paul Aron, qui complète le top 10. Oscar Piastri n’est que 11e, juste devant Tsunoda et Nico Hülkenberg.
Le classement est plus loin encore pour plusieurs habitués : Ollie Bearman termine 14e, devant Browning et Carlos Sainz. Iwasa est 17e, Fernando Alonso 18e et Valtteri Bottas 20e. Stroll se classe 21e, tandis que Herta ferme la marche après son abandon prématuré.
Bien sûr, il serait prématuré de tirer de grandes conclusions d’une seule séance, surtout à Monza où les réglages et les niveaux de carburant peuvent rapidement brouiller la hiérarchie. Mais pour Ferrari, difficile d’imaginer meilleur début de week-end.
Leclerc a été rapide sans même utiliser les pneus les plus performants. Hamilton est juste derrière. Et devant les tribunes rouges de Monza, les tifosi ont déjà eu une première raison de sourire.
La deuxième séance libre, programmée à 16h00 heure locale, permettra d’en savoir davantage sur le véritable rapport de force. Cette fois, les équipes disposeront surtout de longs relais et de données supplémentaires pour comprendre ce que valent réellement leurs voitures sur le rythme de course.
Pour Ferrari, le premier signal est en tout cas particulièrement encourageant.

